TU DISAIS NON !
- Charline LE LAY

- 7 janv.
- 3 min de lecture
Spoiler alerte : ce texte ne doit pas être lu par une personne qui se considère fragile concernant les violences sexuelles, ni mes proches s'il vous plaît
Je vais vous poser le contexte
d'une petite soirée de fête
Un bar, des amis, de nouvelles têtes.
Pas question de cesser de danser
Quand la musique du bar s'est arrêtée.
L'hôte propose de nous recevoir.
On achète tous quelque chose à boire.
L'heure tourne, on rit, on danse...
Pour moi, c'est un peu comme une transe.
Les silhouettes finissent par s'effacer.
Je demande à mon pote de rentrer.
Pas tout de suite, pas ce soir.
Meme si on avait dit "pas tard".
Le temps s'étire, se tord, je crois,
Que je n'ai pas vraiment le choix.
On est plus que 3, je les observe.
J'entends mais j'ai perdu ma verve.
Je m'endors dans le canapé.
Je n'arrive plus à échanger.
Enfin, c'est l'heure de décoller !
Le soleil commençait presque à se lever.
Y a pas moyen, je peux pas bouger.
Le sofa m'a presque avalée.
Vas y sans moi, je vais te retarder.
Je crains rien ici... Pars rassuré.
L'hôte me dit de venir à l'étage.
J'accepte...
Sage comme une image.
Il doit me pousser pour me faire monter.
Dans 4 marches je pourrais m'échouer !
Sympa cet hôte, de me désaper.
Seule, j'y serais jamais arrivée...
Ne t'inquiète pas, je m'occupe de toi.
L'hôte est vraiment tellement sympa.
J'ai perdu toutes capacités.
Ouf, j'ai le sentiment d'être sauvée.
Et toi qui lis tu as compris
Que cette histoire n'est pas finie...
Dois-je encore développer ?
Souhaites-tu connaître la vérité ?
Je perds mes mots, je perds le fil.
Tout s'embrouille et c'est terrible.
Explique, et reste détachée.
Comme un film qui tu raconterais.
C'est évident, autant l'avouer.
Il t'a sexuellement agressée.
Mais le vrai terme bah c'est : "violée".
Ça pique un peu à prononcer.
Sur le moment t'as pas compris,
Tu le connais pourtant, il est gentil.
Tout est ta faute sale dépravée !
Tu l'as peut être même mérité.
Continuons.
Tu es étendue...
Inerte et quasiment nue.
Tu as la gerbe, tu vas vomir.
La lumière s'éteint, enfin dormir.
Que tu crois, mais tu fais erreur.
Cette nuit, c'est celle de la terreur.
Alors, maintenant on parle de quoi?
Des bleus ensuite partout sur toi ?
Aucune partie n'a été oubliée
Tu te souviens peu mais t'as luttée.
Une morsure sur un de tes bras
mais il dira, que ça, c'est toi...
Vu l'endroit c'est impossible.
Ce type te prend pour une débile.
Mais c'est trop dur à accepter.
D'être la victime... Que c'est arrivé...
Pourtant, ce n'est pas ton imagination.
Et toute la nuit tu disais NON !
Longtemps, tu t'es pensée coupable.
Mais tes arguments n'étaient pas valables.
Depuis tu avais peur de le recroiser
Tu restais chez toi presque enfermée.
Pourtant au détour d'une soirée
L'hôte viendra un jour te parler et toi tu resteras pétrifiée.
Il te susurrera tout doucement
Qu'il a juste attendu...
Le bon moment.
Que tout ça etait calculé,
Qu'un jour ou l'autre tu y serais passée.
Alors enfin tout s'éclaire.
Y a plus de mystère, il est très clair.
Et si je pouvais, je voudrais le saigner.
Mais c'est pas comme ça qu'on m'a élevée.
Je suis allée déposer plainte pour me réparer.
Et surtout pour oublier la culpabilité,
De ne pas avoir protéger...
Celles qui au détour d'une soirée,
Comme moi, pourraient être abusées.
Car je ne crois pas à un coup d'essai,
Sinon, ça serait vachement bien fait...
J'ai pris mon temps mais je t'ai dénoncé.
Evidemment ma plainte a été classée
Mais quelque chose en moi a changé...
Je n'ai plus peur maintenant de toi,

Alors baisse les yeux devant MOI !
Enfoiré !"





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